Chronique d’une altercation annoncée

Cher élève d’une certaine classe,

Il y a des jours comme ça où tu aurais mieux fait de ne pas venir en cours. Pourtant tu n’as rien fait de plus que ce que tu m’imposes d’habitude : le travail n’est pas fait, tu écris ton message en trifouillant ton portable « caché » dans ta trousse, tu me demandes à aller aux toilettes sitôt arrivé dans la salle, tu te plains après 15 minutes de cours que tu as faim…bref la foudre va s’abattre sur toi et, malheureusement tu n’y es pas préparé. C’est que je ne porte pas une banderole avec la liste des tracas du jour et que j’arrive, en général, à être d’humeur constante.

Il y a des jours comme ça où j’aurais mieux fait de ne pas venir en cours. Souffrant d’insomnie chronique, je me rendors après avoir éteint l’alarme et me réveille 30 minutes trop tard. Les gendarmes installent un passage filtrant à l’entrée du lycée pour rechercher des stupéfiants et des armes alors que j’avais prévu de donner un devoir en première heure. Malgré une requête courtoise de passe-droit pour faire 10 photocopies, une collègue (que j’adooooore !!!) décide de faire 150 copies alors qu’elle a une heure de pause…bref, la moutarde est en train de monter et je sens que mon seuil de tolérance est vraiment au plus bas.

Alors, quand tu refuses d’aller au tableau en me disant de te laisser tranquille parce que tu n’es pas disposé, je fonds littéralement sur toi comme un mabouya sur un papillon. Le temps de mettre en marche mon radiateur cervical (les risques d’AVC sont fréquents dans notre métier) et de polir le plus beau de mon français…Ti bolom, pa fè sa rivé’w anko ! Soit tu y vas, contraint et forcé, soit tu sors avec toutes tes affaires ! Je n’ai pas le temps ni la patience de te caresser dans le sens du poil pour te préciser que parler devant tes petits camarades fait partie de ta formation. Peut-être dans un sursaut d’orgueil (et voulant défendre ta virilité) tu émets un petit couinement de protestation et j’avoue que là, c’est ma voix qui monte en décibels pour te dire tes quatre vérités.

A la fin du cours, je voudrais t’expliquer qu’aujourd’hui est un mauvais jour et qu’il ne s’agit pas d’une vendetta mais j’éprouvais un besoin irrésistible de me défouler sur quelqu’un.

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