A voté !

Cher élève d’une certaine classe,

Je constate depuis un certain temps que le filtre des mots prononcés par ta bouche ne te sert plus à retenir le délicat plancton mais plutôt les concombres et les araignées de mer. A mon époque (il y a quinze ans à peine !) lorsqu’un élève voulait se rendre aux toilettes (c’est-à-dire qu’il avait loupé la récréation et qu’il avait une envie irrésistible d’aller se soulager en dehors des interclasses), il se levait délicatement, zieutait par-dessus son épaule et chuchotait du bout des lèvres au professeur « Madame, serait-il possible s’il vous plaît d’aller aux toilettes ? » Point barre.

Maintenant, c’est depuis ta chaise que tu m’informes que tu voudrais aller faire tes besoins et me demandes pour l’occasion si j’ai des mouchoirs à te prêter. Sache que même s’il me restait des kleenex après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps devant ton manque de discrétion, ce serait à usage UNIQUE ! Sitôt l’autorisation accordée(sans papier), c’est avec frénésie que tu te lances à la recherche de l’or blanc auprès de tes autres camarades, non sans avoir arpenté le bâtiment tout entier en effrayant mes pauvres collègues avec ton slogan de campagne : « Excusez-moi, auriez-vous du papier ? J’ai besoin de faire caca ». Et c’est avec l’air tout aussi satisfait que tu reviens en cours en n’oubliant pas de préciser que maintenant tu te sens beaucoup mieux. Point mort.

S’il est vrai que ta maman s’émerveillait, quand tu étais petit, à chacun de tes passages au pot, imagine que je déchante face à la quantité inutile d’informations que tu me livres à chacun de tes déplacements. Je te prie de considérer les toilettes comme l’isoloir dans lequel tu peux t’exprimer librement et en toute intimité pour une élection dont on se passerait assurément d’un quelconque résultat. Point trait.

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