Pourquoi j’ai pas changé mon père

Cher élève d’une certaine classe,

Je me suis rendue compte avec les années qu’un bon cours de Maths est un peu comme un stand up : il faut dire des choses sérieuses (cours, définition, formules…) mais aussi casser le rythme avec des vannes pourries du style « Que dit un homme complexe à une femme réelle ? Viens danser ! »  et des anecdotes croustillantes. C’est ainsi que j’ai appris que la vraie raison pour laquelle T. n’avait pas fait son devoir maison était que son copain lui prenait tout son temps (et sa bouche par la même occasion) et non pas qu’elle était rentrée tard de son audition et qu’elle n’avait pas trouvé son livre.

Lors de nos nombreuses discussions, tu as eu l’occasion de me parler de choses plus personnelles comme ton envie d’aller faire tes études au Canada et aussi de la relation conflictuelle que tu as avec ton papa. De ton point de vue, il te met la pression, il est rarement satisfait par tes notes ou tes efforts. Il y a aussi cette comparaison avec ta sœur aînée qui est brillante et qui était une vraie bosseuse, elle !

Je ne vais pas prétendre que je connais ton géniteur donc je ne vais te parler que de mon expérience personnelle en espérant que tu sauras en dégager la « substantifique moelle » (les anciens de RENAN savent de quoi je parle 😉 ).

Premièrement : Il n’y a pas de méthode pour être un bon parent. Avant d’être maman, je me disais que je serais patiente, que je ne ferais que des purées maison et qu’il n’y aurait pas d’écrans avant 3 ans mais ça, c’était AVANT ! Depuis, j’ai déjà pété un câble lorsqu’à 2h du mat’, mon fils me demande pourquoi Pierrot ne veut pas sortir de son lit prêter sa plume à son pote Arlequin, j’ai ensuite capitulé pour un menu enfant frites-saucisses avec supplément ketchup industriel et je ne culpabilise plus quand il me demande de zapper entre Dysnez tunnel  ou Kiwi+ .

Deuxièmement : Profite de lui tant qu’il est là. Même si j’en ai pleuré de rage lorsqu’il voyait mes « échecs »  littéraires plutôt que mes succès scientifiques, sa voix me manque. Même s’il était souvent absent à cause de son travail, sa présence me manque. Même s’il était imparfait dans sa façon de m’aimer, ses bras me manquent. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas trouvé de bonnes méthodes pour supporter son absence, juste de bons jours.

Car, au final, sache que ce sera à jamais lui, ton papa et toi, sa progéniture.

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