Con et lumière

Cher élève d’une certaine classe,

La première fois que je t’ai eu, il y a eu le son : tu étais caché dans le fond de la classe, assis à côté de ton camarade de collège en train de prendre la blague. Je ne sais pas pourquoi une idée m’a dit de te désigner comme délégué provisoire et j’entends alors ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille : un fou rire général et un vague grognement d’approbation.

La deuxième fois que nos chemins se sont croisés, il y a eu l’image ET le son ; je vois débarquer un garçon qui entre d’un pas nonchalant, s’assoie sur la terminaison nerveuse de ses fesses, arrive même à cambrer pas sa chaise histoire de me montrer sa cooltance puis m’expose une partie de sa personnalité et là j’avoue,  j’ai eu peur. Non content que le conseil de classe t’ait donné une orientation digne de ton niveau et de ton intérêt, tu t’es dit que tu allais tenter l’aventure du général, genre « l’école, c’est un parc d’attractions où les profs sont uniquement là pour me divertir ». S’il fallait mesurer ta volonté, elle serait au même niveau que celle de l’Assemblée Nationale votant une loi visant à diminuer les avantages de la classe politique. Même un bébé-tortue déploie plus d’énergie à regagner la mer que toi dans ta recherche d’un projet d’orientation !

La troisième fois, tu t’es livré comme jamais et j’ai su que j’allais te donner la pleine puissance de mon affection : ton travail n’est pas fait, ton excuse est bidon mais tu arrives encore à t’énerver après moi parce que je suis devant le tableau pour écrire la correction. Permets-moi seulement d’exister mon ami !

T’avoir dans ma classe, c’est un peu comme la grand-tante que je ne peux plus supporter tellement elle est médisante mais que j’invite quand même aux anniversaires afin de ne pas entendre babiller une branche de ma famille. Tu es le cadeau improbable d’un ami avare pour mon anniversaire ; je sais déjà qu’il est pourri mais il faut que je le déballe pour savoir à quel point.

Même si la réforme du bac est, selon moi, une vaste blague, je ne pense pas avoir postulé pour une augmentation du nombre de bouffons.

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