Bon de sortie

Cher élève d’une certaine classe,

Ça faisait des années que je n’avais pas été professeur principal et encore quelques unes que je n’avais pas eu de seconde et je peux dire, honnêtement, que tu m’as fait rattraper tout mon retard.

Je tenais à te remercier pour toutes ces baisses de moral, ces remises en question, ces coups de gueule et finalement la certitude que sans toi, ce blog n’aurait jamais existé.

Tout a commencé, je me rappelle, par cette attitude désagréable caractérisée : un bonjour marmonné à ton entrée en cours, un « put%#n » par ci, par là quand tu constates que je ne fais pas grève et  un vive mécontentement quand je suis présente même après avoir eu un accident de voiture la veille. Tel un « Mister Miyagi »,  tu m’as fait travailler sans relâche mon professionnalisme et ma respiration.

Tu iras crescendo avec  tes bavardages incessants, tes invectives colorés, tes lancers de compas et ta mauvaise foi quand à faire ton travail (mon agenda deviendra mon meilleur ami).

Il y aura aussi ces grands moments de solitude : heure de vie de classe où tu viendras me dire à la fin que tu n’as rien entendu parce que tu avais faim, réunion de crise où je verrai 3 parents sur les 28 convoqués (j’aurais  plus de succès quand je confisquerais  ton portable).

Et puis la découverte à la fête de fin d’année : tu danses, tu chantes et tu souris ! Quel bonheur de te voir évoluer sur scène, de comprendre qu’il y a autre chose dans ta vie que ton dégoût pour l’école.

Je suis heureuse d’avoir fini l’année, fière de ne pas avoir baissé les bras face à l’adversité, soulagée de ne pas avoir sombré dans la dépression. Pour la suite des hostilités, je te souhaite bien du courage à tes futurs professeurs  et si l’envie de m’ajouter à tes « Amis »  te prend un jour, assied toi et attend qu’elle passe.

Article lu 75 fois

Face-cussions

réactions

Laisse un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :