Bas les masques!

Cher élève d’une certaine classe,

Cela fait maintenant des semaines (voire des mois !) que je ne trouve rien à redire sur ton comportement. Non pas que tu sois devenu un modèle, genre bourreau de travail ou que tu te passionnes subitement pour les équations de droites mais parce que j’ai l’impression que désormais, nous nous comprenons. Un peu comme une jeune mère qui sait, à l’intonation des cris de son bébé, si elle doit satisfaire un besoin (nourrir, changer, câliner, bercer) ou bien si c’est un peu plus grave.

Plus besoin de hurler de te taire quand il y a trop de bruit, tu saisis à mon visage que la limite est atteinte. Plus besoin de lutter pour que tu poses ton portable sur mon bureau, tu conçois que c’est  pour te permettre de te concentrer. Plus besoin de te convaincre d’aller au tableau (même si tu ne connais pas la réponse), tu admets que c’est pour t’habituer à parler. Plus besoin de me justifier de ne pas avoir terminé de corriger vos devoirs, tu comprends, vu mon état de fatigue, qu’il te faudra patienter.

De mon côté, j’ai appris à interpréter ton regard, tes brides de conversation et ton attitude quand tu rentres en cours. A 14h20 je saisis dès que ta tête commence à pencher, que le travail de digestion a déjà commencé ; qui ne rêverait pas d’une bonne sieste dans un endroit calme et climatisé ! Si tu sors de devoir, je conçois que ta participation à mon cours sera limitée. J’ai de l’indulgence quand tu reviens du sport et que nous devons attaquer la cinquième heure de la journée. J’admets qu’il me faut respecter tes moments de recherche, sans vouloir frénétiquement t’indiquer la solution. Je comprends qu’il me faut varier les plaisirs (cours-exercices, travail sur les ordinateurs ou défis à relever) et ne pas m’énerver quand la séance est ratée.

S’il nous restait quelques points d’amélioration, ce serait pour toi l’abandon pur et simple de l’adage « Madame, j’étais nul en Maths et je le serai toujours » et pour moi, l’acceptation des petites marques d’affection que tu peux me témoigner. J’ai compris avec le temps que tu ne prendrais pas pour ta mère de substitution mais comme un interlocuteur privilégié et que pour t’aider à trouver ton chemin il me faudra parfois te parler un peu du mien.

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